Livre “Quelques notes avec Georges Brassens”

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Quelques notes avec Georges Brassens de Joel Favreau

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Description

“Quelques notes avec Georges Brassens”

Editions de L’archipel – 194 pages – Année de parution 2017

Préface de Maxime Le Forestier :

Joel Favreau joue sur des cordes nylon avec un médiator.

Le nylon, c’est fait pour Segovia, le tabouret sous le pied gauche, tricoter Asturias, la noblesse du classique, c’est fait pour balancer des sambas, faire onduler des hanches et raconter ses malheurs, pour le flamenco fier et la chanson à texte.

Le médiator, c’est pour le métal, le dur, l’électrique, l’ampli dans le garage, le gitan des puces et le manchard du métro, c’est fait pour aller vite et fort, mais c’est aussi la mandoline.

Joël Favreau joue sur des cordes nylon avec un médiator, Brassens jouait sur des cordes acier avec les doigts, ces deux paradoxes étaient faits l’un pour l’autre, complémentaires.

Je ne peux pas affirmer qu’il joue comme çà depuis toujours, je ne l’ai rencontré qu’en 1966, du coté de chez Bernadette, où s’échouait à la fin de la tournée quotidienne la fine fleur de la rive gauche, on en sortait parfois le jour, Moustaki passait en voisin, Coluche faisait la vaisselle, je vous parle d’un temps…

Parmi les formules simples et efficaces pour accompagner des chansons, celle à deux guitares est particulièrement sympathique. L’instrument est léger, transportable et permet de jouer partout en toute indépendance. Les rôles y sont en général distribués comme suit :

Le chanteur, n’ayant qu’un seul cerveau, quand il fonctionne, doit se souvenir du texte et penser à plein d’autres choses. Il jouera donc quelque chose de mécanisable, de répétitif, autrement dit de rythmique.

A l’autre les fioritures, les réponses, les ritournelles, les contrechants, les nuances, pour cela, il faut une guitare qui chante, c’est vrai que le médiator sur du nylon ça fait une voix originale, et voilà comment Joël Favreau s’est naturellement trouvé à accompagner des potes qui tous jouaient avec leurs doigts sur des cordes en acier. Je sais, Duteil joue sur du nylon, mais il est arrivé plus tard.

Cependant, Joël écrivait des chansons, j’en sais encore par cœur, la souris a peur du chat, vivre à l’envers, des chansons qu’il fait bon chanter à des gens qui aiment la finesse et l’intelligence. Nous en avions même produit un album, sorti en pleine grève des artistes, la promo a fondu dans la solidarité professionnelle, je ne sais plus les revendications, mais j’espère qu’elles valaient la peine, elles ont privé le public de quelques merveilles.

Aujourd’hui, Joel le discret, l’accompagnateur parle enfin de lui, il était temps.

Maxime Le Forestier

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Poids 0300 g