
Jean-Jacques nous a quitté. Il est parti sur la pointe des pieds, sans faire de bruit, avec sa
belle discrétion habituelle.
Ces dernières semaines, jamais il ne s'est plaint, faisant de cette épreuve encore une occasion de grandir. Il s'est posé les bonnes questions, celles qui permettent de partir en paix.
Il a échangé, dit à tous ce qu'il avait à leur dire, et chacun a pu lui témoigner son amour, sa reconnaissance ou son bonheur d'avoir eu la chance de l'approcher, de le fréquenter.
Il est des heures ou la pudeur n'est plus de mise.
Jean-Jacques, c'est la générosité, la fraternité, le talent sans limites. C'est 40 kilos et un coeur qui envoient tout sur scène. C'est immanquablement le chorus pertinent, époustouflant et toujours mélodieux. C'est le musicien qui demande le texte d'une chanson avant de l'accompagner, c'est les flacons d'huile d'olive juste parce qu'un jour on lui a dit qu'on aimait ça.
Son magnifique humour, il l'a gardé jusqu'au bout, explosant de rire lorsque Joel lui a dit : "tu fais chier de nous abandonner avec le stock d'affiches".
Jean-Jacques, c'est le musicien timide qui est entré dans notre vie, il y a une dizaine d'années, presque en s'excusant. C'est le compagnon de route, le partenaire de scène qui a pris sa place tout doucement, faisant de chaque chanson un bonheur total, de chaque voyage un vrai instant d'amitié. C'est l'ami, le complice, le frère.
D'autres musiciens monteront sur scène aux côtés de Joel, mais pas un seul ne prendra ta place.
SF
Je suis triste. J'ai perdu un véritable ami, un grand artiste comme il y en a peu.
J'ai toujours eu une admiration et un grand respect pour Jean-Jacques.
Il nous a quitté mais il restera dans nos coeurs pour toujours.
Ce soir, je vais jouer plus que jamais pour lui. C'est la plus belle prière pour nous les musiciens.
Je suis certain que son âme a déjà rejoint celle de Chet Baker, Bill Evans, et des belles personnes qu'il aimait.
Richard Galliano